Le Zimbabwe restreint sévèrement le droit de grève dans le secteur de la santé

Les soignants dénoncent une loi «draconienne» qui instaure six mois de prison pour les contrevenants alors que les hôpitaux publics sont à l’agonie.

Le Zimbabwe a officiellement publié, mardi 10 janvier, une loi «draconienne» restreignant le droit de grève des professionnels de santé et instaurant une peine de prison, dans un contexte de protestations récurrentes pour dénoncer des salaires trop bas et un système à l’agonie.

Le pays d’Afrique australe est plongé dans une grave crise économique depuis une vingtaine d’années, marquée par une inflation galopante, une pénurie de produits de base et des hôpitaux sous-équipés.

En juin, le secteur a organisé une grève d’une semaine pour dénoncer le manque de paracétamol et de bandages.

«Fuite des cerveaux»

La loi, adoptée fin novembre par le Parlement, interdit aux médecins et infirmiers de poursuivre une grève au-delà de soixante-douze heures, soit trois jours. Les représentants syndicaux organisant des manifestations contraires aux nouvelles règles encourent une peine de six mois de prison.

Le directeur de l’Association zimbabwéenne des médecins pour les droits de l’homme (ZADHR), Calvin Fambirai, a dénoncé auprès de l’AFP une loi «draconienne» qui risque d’aggraver «la fuite des cerveaux».

Plus de 4 000 travailleurs dans le secteur de la santé ont démissionné des infrastructures publiques en 2022, un nombre important d’entre eux étant parti chercher du travail à l’étranger.

Avec AFP

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