Émeutes de Brasília : près d’un tiers des 1400 détenus remis en liberté provisoire

Un juge du Tribunal suprême fédéral (STF) a décidé de libérer provisoirement 464 personnes soupçonnées d’avoir participé au violent soulèvement de Brasília, tandis que 942 autres resteront en détention, a indiqué son bureau vendredi 20 janvier.

Le juge Alexandre de Moraes a évalué 1406 dossiers de personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’invasion et le saccage des centres du pouvoir dans la capitale, a expliqué le STF dans un communiqué.

Plus de 2000 personnes ont été arrêtées depuis le 8 janvier, lorsque des milliers de partisans de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro ont pris d’assaut le palais présidentiel, le Congrès et la Cour suprême, vandalisant du mobilier, des œuvres d’art inestimables et une partie de l’infrastructure.

L’assaut est survenu une semaine après l’arrivée au pouvoir de l’icône de la gauche Luiz Inácio Lula da Silva, vainqueur de l’élection présidentielle en octobre dernier.

Dans les jours qui ont suivi les violences, la justice a déterminé que les cas particuliers tels que les personnes âgées, les femmes enceintes et les mères de jeunes enfants, seraient libérés pour des raisons humanitaires avant d’être entendus.

Actes de «terrorisme»

Alexandre de Moraes a ordonné la détention préventive de 942 personnes, arguant qu’il existe des preuves que les détenus aient participé à des actes de «terrorisme», à une association de malfaiteurs, à l’abolition violente de l’État de droit et à un coup d’État.

Pour le juge, les détenus pourraient avoir commis des actes «illicites et extrêmement graves», et la détention provisoire, d’une durée indéterminée, est nécessaire pour «garantir l’ordre public et assurer l’efficacité des enquêtes».

Le juge s’est prononcé en faveur de la libération provisoire de 464 autres détenus, sous certaines conditions telles que le port d’un bracelet électronique et l’interdiction d’utiliser les réseaux sociaux.

Concernant ces cas, Alexandre de Moraes a indiqué que, bien qu’il existe de fortes indications de responsabilité et de participation à des crimes, en particulier dans la tentative de renverser un gouvernement légalement constitué, les preuves n’ont pas été recueillies jusqu’à présent. Les 1459 audiences relatives aux 1.406 affaires se sont tenues entre les 8 et 17 janvier, a indiqué le tribunal.

Jair Bolsonaro, qui s’est rendu aux États-Unis deux jours avant la passation de pouvoir, fait l’objet d’une enquête des autorités brésiliennes qui le soupçonnent d’être l’instigateur des émeutes. L’ancien président, qui a fait l’objet de 16 enquêtes pour irrégularités électorales, rejette ces accusations.

Avec AFP

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