La guerre en Ukraine montre que l’Europe n’est «pas assez forte», estime la première ministre finlandaise

La première ministre finlandaise, Sanna Marin, a dressé vendredi 2 décembre un bilan «très honnête» des capacités de l’Europe à l’aune de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, déclarant sans ambages qu’elle n’est «pas assez forte» pour tenir seule tête à Moscou.

En visite en Australie, la dirigeante du pays candidat à l’adhésion à l’Otan a souligné que l’invasion et l’occupation de l’Ukraine voisine par la Russie ont révélé les faiblesses et les erreurs stratégiques de l’Europe face Moscou.

«Je dois être très honnête (….) avec vous, l’Europe n’est pas assez forte en ce moment, nous serions en difficulté sans les États-Unis», a-t-elle pointé auprès du Lowy Institute, un groupe de réflexion basé à Sydney.

Sanna Marin a insisté sur le fait que l’Ukraine devait être aidée par «tous les moyens», ajoutant que les États-Unis ont joué un rôle central dans l’approvisionnement de Kiev en armes, en moyens financiers et en aide humanitaire nécessaires pour freiner l’avancée de la Russie.

«Nous devons nous assurer que nous renforçons également ces capacités en matière de défense européenne, d’industrie de défense européenne et que nous pouvons faire face à différents types de situations», a-t-elle préconisé.

Les anciens pays de l’Union soviétique favorables à une ligne plus dure

La Finlande a obtenu son indépendance de la Russie il y a près de 105 ans et, bien que largement sous-armée, a infligé de lourdes pertes à l’armée soviétique qui l’envahissait peu de temps après.

La cheffe du gouvernement finlandais a critiqué les politiques de l’Union européenne qui mettent l’accent sur l’importance de l’engagement avec Vladimir Poutine et a déclaré que le bloc aurait dû écouter les États membres qui faisaient partie de l’Union soviétique jusqu’à son effondrement.

Depuis leur adhésion à l’Union européenne en 2004, des nations comme l’Estonie et la Pologne ont exhorté les autres membres de l’UE à adopter une ligne plus dure à l’égard de Vladimir Poutine, une position tempérée par la France, l’Allemagne, l’Italie et la Grèce, qui sont favorables à des liens économiques plus étroits avec Moscou.

«Pendant longtemps, l’Europe a construit une stratégie vis-à-vis de la Russie pour resserrer nos liens économiques, pour acheter de l’énergie à la Russie… nous pensions que cela empêcherait une guerre», mais cette approche s’est révélée «totalement mauvaise, a critiqué Sanna Marin. Ils ne se soucient pas des liens économiques, ils ne se soucient pas des sanctions. Ils ne se soucient de rien de tout cela».

Avec AFP

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