Irlande et France mobilisées au sujet d’un binational détenu en Iran

Dublin et Paris sont mobilisés au sujet d’un Franco-Irlandais, Bernard Phelan, détenu dans une prison iranienne depuis octobre, a indiqué le ministère irlandais des Affaires étrangères vendredi 13 janvier.

«Le ministère des Affaires étrangères est au courant de cette affaire et apporte une assistance consulaire en étroite coordination avec la France», a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère. «Cette affaire a aussi été soulevée directement auprès des autorités iraniennes», a-t-il ajouté.

«Propagande anti-régime»

Consultant dans le tourisme basé à Paris, Bernard Phelan, 64 ans, est détenu à la prison de Vakilabad à Mashad (est), deuxième ville d’Iran, accusé notamment de dissémination de propagande anti-régime et d’avoir pris en photo des membres des services de sécurité, accusations qu’il conteste.

Il avait été arrêté alors que le pays était secoué par les manifestations déclenchées par la mort le 16 septembre dernier de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, décédée après son arrestation par la police des mœurs pour infraction au code vestimentaire strict de la République islamique.

Une santé fragile, la famille inquiète

Selon l’Irish Times, il a entamé en début d’année une grève de la faim. Sa famille a exprimé ses craintes pour la santé de Bernard Phelan, qui est atteint d’une pathologie cardiaque et, refusant de s’alimenter, a également arrêté de prendre son traitement.

Sa sœur Caroline Massé-Phelan, qui dénonce les conditions de sa détention, estime qu’il est détenu pour des raisons politiques entre Téhéran et Paris et se trouvait «au mauvais endroit au mauvais moment».

Des détenus occidentaux par dizaines

Plusieurs dizaines d’Occidentaux sont détenus en Iran, décrits par leurs soutiens comme des innocents utilisés par les Gardiens de la révolution comme leviers, alors que l’Iran et les grandes puissances essaient de ressusciter un accord international conclu en 2015 qui garantit le caractère civil du programme nucléaire de Téhéran, accusé malgré ses démentis de chercher à se doter de l’arme atomique.

Des ressortissants des trois pays européens impliqués dans les discussions – Royaume-Uni, Allemagne et France – figurent parmi les étrangers détenus en Iran.

Parmi les Français, qui étaient au nombre de sept en fin d’année dernière selon Paris, figure notamment Benjamin Brière, condamné à huit ans et huit mois de prison il y a près d’un an. Téhéran a fait valoir que tous les étrangers sont détenus en vertu de ses lois intérieures et s’est dit prêt à des échanges de prisonniers.

Avec AFP

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